Magnolia Von Tassel - Ladybook in Wonderland

17 juillet 2017

071. SELEN ITOKA.VARIATIONS AMOUREUSES

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Titre : Variations Amoureuses
Auteur : Selen Itoka
Année de publication : 2017
Editeur : J'ai Lu

 

 

 

 

 

 

 

De quoi ça parle ?

Invité à quelques variations sur le thème de l’érotisme : rencontres d’un soir, coup de foudre littéraire, passions secrètes, couples dont la flamme s’amenuise, star de la chanson aux secrets bien cachés… Personne n’échappe à sa plume tendre ou acérée, qui croque l’intimité de ceux qu’elle a croisés au détour d’une rue ou de son imagination !

Adieu pudeur, tabous, idées reçues. Les frontières se brouillent, les personnalités se révèlent. Le plaisir surgit là où on l’attend le moins, et le fantasme ne connaît aucune loi.

Rien qu’une fois, osez pousser les portes de l’interdit !

 

Ce que j'ai pensé.

J'avais déjà collaboré avec Selen Itoka lors de la sortie de son premier roman Partie Fine et je suis honorée de sa confiance pour cette nouvelle publication. Je la remercie donc, ainsi que Charlotte Busquet des éditions J'ai Lu, de m’avoir confié Variations Amoureuses

Ce recueil de se compose de quatorze nouvelles tournant autour du thème de l’amour et de l’érotisme, et je dois dire que j’ai littéralement été bluffée !
L’auteur ne cesse de se renouveler, de nous impressionner avec ses personnages qui vont de plus en plus loin. Sa plume est poétique et envoûtante, un vrai plaisir pour les yeux et l’esprit. Aucune nouvelle ne se ressemble.

L’auteur nous propose du sexe sous toutes ses formes; parfois, seulement suggéré (10 jours, 20 centimes) parfois pilier de l’histoire (Le Doublage). Ce que l’on retrouve à travers ces quatorze histoires, c’est la passion qui anime ses personnages. Si elle peut n’être qu’une faible flamme au début, elle retrouve toujours toute son intensité. 

Tous les thèmes sont abordés : l’amour caché, l'homosexualité, les relations soumissions-dominations, les couples qui se perdent, qui se retrouvent, les fantasmes, et tellement d'autres variations que j’en oublie. Ce qui fait que ce recueil porte parfaitement son nom.
On y parle également des humains, de leur caractère, de leur noirceur. Je trouve les personnages de Selen Itoka profondément noir, chose que j’avais déjà noté dans Partie Fine. Jouant souvent sur les interdits, les secrets, le danger, la manipulation, la faiblesse et les forces des uns et des autres, ces « acteurs »  sont d’autant plus crédibles et réels que l’on peut s’identifier à eux.

Rien n’est simple avec l’auteur, elle ne cède jamais à la facilité, ce qui rend ses livres d’autant plus marquants dans notre esprit. Elle aime repousser nos limites et ouvre la voie vers d’autres possibilités, d’autres mondes sensuels. On se surprend à apprécier notre rôle de voyeur, à regarder ces hommes et ces femmes évoluer tant dans leur sexualité que dans leur psychologie.
Ce n’est jamais du sexe pour l’acte seul, comme on pourrait retrouver dans certains romans érotiques, mais bien un accomplissement du héros. Il/Elle se révèle à lui-même et aux autres, et parfois se retrouve par le sexe. Ce qui fait de cet acte l’outil du héros et lui fait prendre tout son sens.
Je ne vais pas trop parler de chaque nouvelle parce que je pense qu’il faut tout simplement les lire, les découvrir par soi-même, y faire sa propre interprétation et parce que ça serait trop tentant /risqué de spolier les intrigues.

Je ne sais pas quelle nouvelle je préfère. Chaque fois que je pensais l’avoir trouvé, la nouvelle suivante me bluffait. Pas facile de faire son choix. Ce que je peux affirmer c’est que l’auteur mérite qu’on la découvre et son talent d’être connu.

Je ne pense pas qu’il faille le lire comme étant juste un roman érotique qu’on lirait comme une romance lambda. L’érotisme est bien présent. C’est indéniable. Néanmoins, ce recueil ne tourne pas qu’autour de ce thème. Il est bien plus profond que cela. Le caractère très... humain des personnages et la noirceur des situations - parfois - nous sommes amenés à réfléchir, à nous poser des questions sur nous-mêmes :  nos désirs, nos pulsions, nos secrets, nos expériences aussi.
Ce qu’on n’oseraient peut-être jamais avouer à nos compagnons.
On ne sort pas indifférent de Variations Amoureuses et c'est ce qui fait certainement toute sa complexité et son charme, qu'on le garde à l'esprit même après sa lecture.


07 février 2017

070.THIERRY BERLANDA.LA NUIT DU SACRE

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Titre : La Nuit du sacre
Auteur : Thierry Berlanda
Editeur : NL Edition
Année : 2016

 

 

 

 

 

 

 

De quoi ça parle ?

Le Prince Akhavan veut plus que jamais redevenir l’enfant royal au destin brisé qu’il est resté au fond de lui. Or pour abolir la malédiction qui le frappe et renouer avec le destin glorieux de ses ancêtres, il lui faut trouver une mère digne de lui, et renaître dans son ventre. C’est ce but démentiel que Jeanne Lumet, dominant ses peurs, parvient depuis trois ans à contrecarrer. Or la guerre sans merci qu’elle lui mène n’aura-t-elle finalement servi qu’à prouver au Prince que la mère qu’il recherche n’est autre qu’elle-même ?

Au moment où s’ouvre le spectaculaire procès Chodet, la meurtrière de la directrice de l’établissement spécialisé d’où le Prince s’était évadé, sur quels alliés Jeanne peut-elle compter ? Sur l’ex-commandant Falier rongé par la maladie ? Sur Paul, son ex toujours aussi peu fiable ? Sur Lartigue, le tout nouveau chef de section de la PJ ?

Sur Nicolas Doliguant, le brillant avocat amoureux d’elle ? Sur l’équivoque et manipulateur professeur Bareuil ? L’un d’entre eux parviendra-t-il à éviter l’accomplissement du rite atroce de la résurrection du Prince ?

Jeanne devra-t-elle finalement ne compter que sur la force extraordinaire qui grandit en elle dans les situations d’extrême détresse ?

 

Mon avis.

Je tenais à remercier Thierry de m’avoir offert son livre lors de notre seconde rencontre.

Je suis heureuse de replonger dans la sombre histoire du Prince pour son dernier coup d’éclat.

Si vous vous souvenez du tome précédent La Fureur du Prince, Francis Akhavan, dit Le Prince, s’est échappé de l’unité psychiatrique Paul Guiraud à Villejuif, semant la terreur dans toute la région. Lors de sa confrontation à Verrières-le-Buisson avec Jeanne, Falier et la gendarmerie, ce dernier a vu en Jeanne la mère divine, celle qui le ferait renaître. Puis, il a de nouveau pris la fuite.

Le roman nous entraîne dans trois directions : le procès de Chodet qui s’ouvre pour le meurtre de sa supérieure, la chef de l’unité psychiatrique Turner, le retour du Prince après une longue absence et le combat de Jeanne pour prouver aux yeux du monde que le grand et respecté professeur Bareuil n’est pas innocent dans l’évasion du prisonnier le plus craint de France.

Que dire de l’histoire ? Finement menée comme à son habitude, l’auteur nous livre un final qui répond à toutes les questions latentes qui se posaient à nous à la fin du second opus. Thierry Berlanda sait où il va et où il veut nous emmener. Et même si parfois, je me suis demandé comment il allait se sortir de situations inextricables, notamment vis-à-vis de Bareuil, j’ai été chaque fois forcée de constater que tout se tenait.

On retrouve tous les personnages rencontrés au sein des deux premiers opus. Que penser des d’eux ?

Falier, l’inspecteur qu’on rencontre et suit dans le premier tome de la trilogie, est au plus mal dans La Nuit du Sacre. Atteint de cancer, on le revoit beaucoup moins souvent dans cet opus où il passe son temps à l’hôpital. Néanmoins, il est le pilier de Jeanne, moralement, à défaut de l’être physiquement.

Le Prince est au sommet de sa démence, persuadé que Jeanne est la Mère à travers laquelle il doit se réincarner et renaître. Sa première vie ayant été gâchée par une femme qu’il considère comme une catin, il est prêt à tout pour célébrer son sacre, à renaître comme l’enfant ultime du roi d’Iran.

Et si pour cela, il doit tuer à nouveau, il est prêt à éliminer quiconque se mettra en travers de son chemin. Entre l’homme et l’enfant, Le Prince, est un personnage peu présent physiquement mais au cœur de tous les sujets.

Il n’a pas besoin d’être là pour qu’on ressente sa folie et sa prestance.

Jeanne, l’héroïne névrosée, professeur à la Sorbonne que l’on suit depuis L’insigne du Boiteux, s’enfonce un peu plus dans ses lubies et terreurs depuis sa terrible confrontation avec le Prince.

Si jusqu’à maintenant, elle contenait sa peur pour elle, l’héroïne entraine avec elle Léo, son jeune fils, qu’elle étouffe.

Elle tente néanmoins à côté de reprendre un semblant de vie normale, celle qu’elle avait avant d’être prise à partie dans cette terrible affaire. Persuadée que Bareuil a une énorme part de responsabilité dans l’évasion du Prince, elle ne peut néanmoins aucunement le prouver. Elle vit dans la peur, transformant son appartement en sanctuaire impénétrable.

C’est un personnage extrêmement complexe et curieux. Elle est à la fois fragile et forte, peureuse et capable de se mettre au premier plan quand le danger rôde. Finalement, ce que le Prince voit en elle n’est pas totalement dénué de bon sens. Au final, Jeanne est la Mère. Celle qui a peur pour son petit mais qui affronte tous les dangers pour lui, au détriment de sa sécurité.

Et enfin Bareuil. Bareuil sur qui j’ai des soupçons depuis le premier tome. Je suis certaine que l’auteur s’est bien amusé avec ce personnage. Telle une anguille, il se faufile à travers les doigts de ses accusateurs. Comme Jeanne, je le savais coupable sans pouvoir vraiment donner de preuve. Il a réponse à tout, ce qui peut le faire paraître aux yeux de ses interlocuteurs comme un être insupportable et dédaigneux. Son cynisme et son estime de lui dépassent tout ce qu’on pouvait imaginer.

Il est certain que quoi qu’il puisse faire, il s’en sortira. Je le trouve encore plus sombre et torturé que dans les deux premiers livres. Plus empli de rancœur aussi. Et c’est un personnage comme Doliguant qui mettra en lumière la réelle personnalité de Bareuil tout en nuances. Car derrière cet être intelligent se trouve aussi un homme blessé.

Au final, qu’ai-je pensé de La Nuit du Sacre ?

Pour citer les deux petits éléments qui m’ont gêné, je parlerais d’abord du personnage de Falier. Outre son rôle de soutien moral pour Jeanne, sa présence est tellement diluée qu’il aurait pu ne pas réellement apparaître dans le cours de l’histoire. Ceci-dit, fidèle à son habitude, il a deux trains de retard.

L’autre chose qui m’a un peu « déçue » c’est le sacrement du Prince. C’est un peu le moment que l’on attend depuis le début et je trouve que ce passage est un peu rapide. Je m’attendais à un processus plus long, qui aille plus loin. J’aurais voulu me dire « Oh mon dieu ! Ils ont été sauvés de justesse ! » Ce passage ne m’a pas assez fait frissonner. Bien sûr, c’est un avis tout à fait personnel, sûrement dû à mon goût prononcé pour le danger.

Malgré tout, je me suis régalée de cette lecture. C’est une parfaite continuité des deux précédentes. Il faudrait que je lise les trois coups sur coups pour y déceler les subtilités, ce que je ferais assurément. J’ai adoré l’ensemble de la saga du Prince. C’est un bon thriller, bien mené, qui donne suffisamment de frisson et d’émotion. On s’imprègne des personnages, de leur part d’ombre et de leur lumière, de leur peur et leur espoir.

Je ne peux que conseiller cette trilogie. J’ai été séduite dès la sortie de L’insigne du Boiteux et ce sentiment ne m’a pas quitté jusqu’à La Nuit du Sacre.

 

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20 septembre 2016

069.SYLVIE BARRET. LES TERRES DU DALAHAR

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TITRE : LES TERRES DU DALAHAR
AUTEUR : SYLVIE BARRET
ANNEE DE PARUTION : 24 AOUT 2016
EDITION : J'AI LU POUR ELLE - CREPUSCULE

 

 

 

 

 

 

 

 

RESUME

Ébranlée par une histoire malheureuse, Éléonore Duvivier fuit la France pour le Canada afin d'y poursuivre ses études dans le réputé département informatique de l'Université de Montréal. Elle est accueillie sur cette terre lointaine par sa tante, installée là-bas avec sa famille depuis de nombreuses années. Très vite, celle que tous surnomment Léo découvre qu'elle marche involontairement sur les traces d'une fille assassinée quelques mois plus tôt et dont elle rencontre l'étrange frère. Aussi sublime que taciturne, Mathias Gardner la trouble plus que de raison. La beauté de la jeune française séduit par ailleurs Jonathan Dussaunier, le charismatique et séduisant capitaine de l'équipe de hockey sur glace de la fac. Partagée entre ces deux garçons que tout oppose, Léo se laisse porter par les événements jusqu'à ce qu'elle mette la main, par le plus grand des hasards, sur un mystérieux objet d'argent dissimulé sous sa table en salle de cours.

 

MON AVIS

Eléonore Duvivier, étudiante française, s’exile à Montréal pour tirer un trait sur une histoire douloureuse. C’est auprès de sa tante Agnès et de sa cousine Sandy que Léo, car tel est son surnom, espère repartir de zéro.
C’est bien sûr sans compter sur l’arrivée de Mathias Gardner et Jonathan Dussaunier qui vont mettre toutes les bonnes résolutions de l’héroïne à mal. Ces deux hommes, mais aussi la terrible tragédie qui s’est déroulée sur le campus l’année précédente. La sœur de Mathias, Eorin,  a été assassinée et le responsable n’a toujours pas été puni.
Et par un fait qu’elle n’explique pas, Eorin semble vouloir rentrer en communication avec elle, à travers ses rêves. Son année universitaire débute très fort, devant à la fois s’habituer au dépaysement, à un nouveau rythme mais aussi tous ces évènements étranges qui se déroulent autour d’elle. Heureusement, Sandy est d’un soutien à toute épreuve, de même que Noémie, sa voisine de palier et nouvelle amie.

Sans le savoir, Eléonore va faire connaissance d’un peuple qu’elle ne pensait exister que dans les contes et dans la fantasy. Un monde de lumière qui comporte aussi des dangers et sur lequel de sérieuses menaces planent.  C’est au côté de Mathias, Elawen, Anwen et Andréas (les autres membres de la famille de Mathias) que notre héroïne va devoir se battre pour sauver tout un peuple des ténèbres. Un peuple auquel elle se sent attachée.

Léo trouvera t-elle à temps les codes menant aux réponses ?
Saura-t-elle se montrer assez courageuse ?
Saura-t-elle mettre ses doutes de côté pour Mathias ?

En me lançant dans cette lecture, je ne savais pas à quel peuple l’auteur allait me confronter. C’est avec autant de stupeur que d’appréhension que j’ai découvert qu’il s’agissait des elfes. La quatrième de couverture étant évasive sur le sujet, ce fut une réelle surprise. La suite de ma lecture s’est déroulée avec appréhension je dois l’avouer. Ma dernière expérience avec ces êtres de lumière s’étant plutôt mal terminée, j’ai craint de ne pas être du tout emballée par la suite. Heureusement, ce ne fut pas le cas.
L’auteur nous raconte l’histoire d’une plume fluide, comme à son habitude, et nous laisse tourner les pages avec fébrilité sans que nous nous en rendions compte. Une belle histoire d’amour se développe au fil des pages, laissant place à toutes les teintes d’émotion qui peut s’en dégager : doute, passion, la fébrilité, la peur, l’appréhension, les remises en question. L’auteur joue en permanence avec les intentions des deux prétendants. A qui Léo doit-elle faire le plus confiance ? Mathias ou Jonathan ?

Eléonore est une jeune femme vive et intelligente. Fragilisée par une histoire d’amour passée, elle reste néanmoins une femme entière et forte. Elle sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à se mettre en danger pour poursuivre ses convictions, quitte à inquiéter ses proches et se mettre à dos certains camarades. Elle a, comme beaucoup, des moments de doute où elle se remet beaucoup en question et se prend la tête. Quitter la France pour Montréal dans l’espoir de cicatriser de cette histoire va lui apporter bien plus qu’elle ne l’avait espérer. J’ai beaucoup aimé son tempérament de feu, la passion qu’elle met dans chaque décision qu’elle prend. Loin de l’héroïne nunuche qu’on peut trouver dans d’autres romans du genre, Léonore a le mérite de rester constante du début à la fin du roman.
Autour d’elle gravite deux soupirants dans un genre différent. D’un côté Mathias, le « brun ténébreux », mystérieux et assez antipathique à son apparition. On apprend à l’apprécier et découvre même que la première impression qu’il donne n’est pas exactement ce qu’il est en réalité. Parfois un peu pénible à force de vouloir se montrer hyper-protecteur, Eléonore est son oisillon qu’il tente de protéger à tout prix.  Il incarne le parfait chevalier sombre, mystérieux, calme et réservé, un brin ours bougon, à l’instar de Jonathan, la coqueluche du campus, chef de l’équipe de hockey sur glace, tombeur de filles, en permanence entouré d’une cours d’admirateurs. Il tente à plusieurs reprises de séduire Eléonore mais sa goujaterie et sa suffisance l’exaspèrent. Néanmoins, le trouble qu’elle ressent à son contact est réel et il lui est bien difficile de résister.

Un doux mélange de fantastique, de romance, de suspens, un bon cocktail qui fait de cette lecture un dépaysement assuré. Nous y découvrons un autre pays mais aussi un autre monde – Le Dalahar -  où la hiérarchie et les règles sont totalement différentes. Je me suis un peu réconciliée avec les elfes (et ce n’était pas gagné).
Seul bémol, parce qu’il en faut bien un malheureusement, je n’ai pas été très surprise par cette histoire. Je parle évidemment au niveau de la trame des événements. Il n’y avait pour moi pas vraiment d’éléments de surprise, mais je pense que c’est intimement lié au genre et au thème. Et j’aurais aimé que l’affrontement final soit un peu plus développé et avec un peu plus de risques pour le Dalahar.

Ceci dit, j’ai pris du plaisir à cette lecture et c’est ma foi, la seule chose qui compte à mes yeux.

27 mai 2016

068.JEAN BAPTISTE FERRERO.HEUREUX LES ELUS

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TITRE : HEUREUX LES ELUS
AUTEUR : JEAN-BAPTISTE FERRERO
ANNEE : 8 FEVRIER 2016 (PAPIER)
EDITION : EDITION DU 38

 

 

 

 

 

 

 

RESUME

Thomas Fiera, la politique, cela n’est pas son domaine d’é

lection. Quand il s’en mêle, les urnes deviennent funéraires et les bulletins, nécrologiques… Comme il a une bonne gauche et une méchante droite, sa conception du débat relève plus de la castagne que de la rhétorique et à l’heure de compter les voix il a un peu tendance à faire voter les morts.

Aussi, quand un de ses vieux potes - ex-gauchiste reconverti dans la notabilité vertueuse - lui demande de découvrir qui tente de torpiller sa campagne municipale, il accepte sans grand enthousiasme. Il va découvrir un marigot où l’on trouve plus de caïmans que de flamants roses et où la trahison est un mode de vie.

Mais dans le doute, Thomas Fiera ne s’abstient pas ; il fonce dans le tas, distribue des baffes et applique la bonne vieille méthode dite de la nitroglycérine : on secoue la bouteille et on voit ce qui se passe…

Avec Thomas Fiera, les élections, ce n’est pas une partie de campagne !

 

Suivi de Harcèlement, Sea Secte and Sun et Voleur

 

MON AVIS

 Compilation de quatre novella, Heureux les Elus met en scène le personnage de Thomas Fiera enquêteur privé. La trame de départ est similaire pour chaque histoire.

Un tiers vient trouver Thomas afin de lui demander de bien vouloir enquêter au sein d’une entreprise, d’une municipalité…

Et le résultat est similaire : des baffes et la mise à nue des problèmes. Puis tout s’arrange.

Thomas Fiera, enquêteur à qui on ne donne pas d’âge, veuf, à pour compagnon de vie un greffier répondant au nom de Bonnot. Thomas a le verbe acide, la baffe facile, la comparaison fleurie et marche à coup d’un humour plus noir que le noir. S’il aime qu’on lui fiche la paix, il déteste les cons. Il a une vision de l’humain assez limitée et pessimiste. Exalté avec la gente féminine, son point faible, il s’imagine souvent les épouser et leur faire des tas d’enfants. Malheureusement pour lui, celles qu’il rencontre sont soit des cas désespérés, victimes d’une machination, soit des femmes à la poigne de fer et aux coups de pieds fatals.

Souvent accompagné d’Adélaïde dont  on ne sait pas grand-chose à part son efficacité en tant que tueuse, son sens de la logistique et sa grande complicité avec notre héros.

Fred, génie de l’informatique, geek, peut sortir des tréfonds de l’internet n’importe quel dossier. Il aide souvent Thomas à dénicher les dossiers sur les entreprises pour lesquelles il enquête.

Et enfin Manu, l’espionne blonde qui passe souvent pour une écervelée nymphomane, l’agent infiltré de Thomas, maîtrise aussi bien ses divers rôles que les mandales.

Extrêmement surprise par cette lecture, je ne m’attendais absolument pas à rencontrer ce genre d’histoires. Le titre m’avait fait un peu tiquer. Je me disais « oh un truc politique, pas mon domaine ça… » Mais en réalité, je me suis juste fourvoyée sur la marchandise.

Délirant, acerbe, acide, drôle, Thomas Fiera, pour qui j’ai eu un coup de cœur, est un héros noir comme on les aime. Même si en fond, l’auteur nous livre des éléments politiques, le plaisir de la lecture est intact.

Ses méthodes pas très orthodoxes, ses comparaisons complètement démentes font de ces enquêtes un agréable moment de lecture. J’ai beaucoup, mais alors beaucoup ri !

 Je ne regrette absolument pas de m’être lancée dans cette aventure et je recommande fortement cette lecture.

Et toc !

03 mai 2016

067.THIEBAULT DE SAINT AMAND.PHIL MAZELOT 3 : MON BEAU TAPIN, ROI DEFLORE, QUE J'AIME TON CARBURE

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TITRE : PHIL MAZELOT 3 : MON BEAU TAPIN, ROI DEFLORE QUE J'AIME TON CARBURE
AUTEUR : THIEBAULT DE SAINT AMAND
ANNEE : 2016
EDITION : EDITION DU 38

 

 

 

 

 

 

 

RESUME

La troisième enquête de Phil Mazelot vous plonge dans un scandale politico-financier autour de l’aluminium… Théodule Tapin, riche industriel et député influent, est mort dans son lit.
Tout se complique quand Mazelot découvre les véritables raisons du décès du ventru de la Chambre. Qu’est-ce qui pèse le plus lourd ? Une touffe de poils ou une pièce de 30 Francs ?

MON AVIS

Mon beau Tapin, roi Défloré… que j’aime ton carbure est le troisième opus de Phil Mazelot de Thiébault de Saint Amand.

Théodule Tapin, roi de l’alu, est mort asphyxié.

Phil Mazelot, notre gentleman cabrioleur décide de mener son enquête sur ce bien étrange décès. Officieusement. Car du criminel, les policiers n’ont retrouvé qu’une touffe de poils coincés entre les dents du défunt.

Phil est amené à enquêter dans les hautes sphères politiques, car faute de n’être que le roi de l’alu, Dudule, comme il le surnomme, est aussi député et ami d’un certain De Ladraperie ; un type arrogant et grandiloquent dont les déviances sexuelles sont hautement répréhensibles. Ce dernier guidera le héros sur la piste d’une fameuse pièce de monnaie (une pièce de 30 Frs) fabriqué par le défunt. La disparition de cette pièce poussera Mazelot à aller plus loin et il découvrira l’existence d’un réseau visant à faire chanter les politiques grâce à des photographies compromettantes. Tout ceci orchestré par une certaine Geneviève. De fil en aiguille, les voiles tomberont mettant en place toute la machination.

Pas de Mazelot, sans Francis Moutier, dit Ciscis, qui a quitté le 36 pour se mettre à son compte. Même si les affaires ne sont pas florissantes, le voici à présent détective privé.  Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, ce dernier est toujours la victime de Phil qui ne se prive pas pour utiliser son réseau d’informateurs et le repousser dans ses retranchements de temps à autres.

On retrouve également Naudine Vaussepiot et Mama Elisa dont on a fait connaissance dans le tome 1 (chronique ici).Pour courronner le tout, on tremble au QG du Père Tranquille, la sécurité du groupe est en danger. Renouel, le commandant des opérations, demande certains changements pour le futur et c'est à Mazelot de s'en charger, à son grand désarroi.

Coté bagatelle, on ne peut pas dire que notre charmeur soit non plus comblé. Le pauvre ne rencontre que des femmes peu appétissantes quand il doit y mettre du sien, c’est pour la Patrie qu’il retrousse les manches.

J’avais hâte de retrouver tout ce beau monde pour cette troisième enquête. On sent de plus en plus l’éminence des conflits qui fait de ce tome un opus transitoire. D’ailleurs, cela se ressent sur l’humour du tome car oui, on rit un peu moins. Pourtant, certaines situations restent incongrues et nous font rire. Disons que comparé aux fous rires que j’ai pu avoir dans les deux premiers tomes, il n’y a pas d’équivalent. Cependant il y a de très intéressantes joutes verbales (principalement entre De Ladraperie et Mazelot) !

Ce troisième opus est empreint d’une certaine nostalgie qui s’en ressent même dans les chansons.

C’est une enquête compliquée que nous livre ici Thiébault de Saint Amand car règne ici l’odeur du scandale politico-financier dont la tête pensante est une femme. Et à ce jeu, Phil risque gros.

Comme toujours, ce fut pour moi un bon moment de lecture même si j’ai parfois été perdue dans la direction que l’auteur a pris, mais à la fin tout s'éclaire comme par magie. J’ai hâte de découvrir ce que nous réserve la prochaine aventure.

 


29 avril 2016

066.JACINTHE NITOUCHES.BORA BORA'S BITCHES 01

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TITRE : BORA BORA'S BITCHES T.1
AUTEUR : JACINTHE NITOUCHE
ANNEE : 2014
EDITION : EDB

 

 

 

 

 

 

 

RESUME 

Avant toute chose, je préfère prévenir : âmes sensibles et personnes à la santé fragile s'abstenir... si tu ne supportes pas la vulgarité et que le langage cru te donne de l'urticaire ceci n'est pas pour toi... Si tu fais également une réaction cutanée aux notes de bas de page, tu risques d'être déçu. Après j'ai envie de dire : advienne que pourra !!!

Que dire à part que je vis, ou plus exactement j’essaye de survivre, avec trois filles plus cinglées les unes que les autres : Pétra Van de Pute, Jane Moreau et Phillis Pine, dans un endroit que nous avons rêveusement surnommé « Bora-Bora ». Oui, sur le papier ça peut envoyer de la bûchette, mais dites-vous que dans la vie c’est pire. Pour épicer le tout, un mâle de nature indéterminée, qui a le don de me mettre le téton en érection et la vulve au court-bouillon, est apparu subitement sur notre palier.

Vous allez donc suivre une année de notre merveilleux quotidien, et quel quotidien ! Quoi ?
C’est moi qui raconte, je ne vais pas vous dire que notre vie est aussi molle que le périnée de Mamie Nova, ce ne serait pas crédible.
Voilà, alors après, il ne vous reste plus qu’à mélanger tout ça dans un shaker, verser le cocktail dans un joli verre avec une paille et le déguster amoureusement.

 

MON AVIS

Cela faisait un moment qu’il me faisait de l’œil ce roman. Le ton du résumé m’a tout de suite enthousiasmé. En revanche, j’ai attendu pour l’acheter… attendu… attendu jusqu’au salon du livre où toute l’équipe EDB était au rendez-vous. Une bonne occasion de le prendre et d’avoir une petite griffe dessus.

Mais Bora Bora’s Bitches c’est quoi ? Et bien c’est l’histoire de quatre filles plus disjonctées les unes que les autres qui vivent en colocation à Paris.

On suit simultanément les histoires de Pétra : Zumba-man et l’organisation d’une convention ultra-importante lui donneront du fil à retordre, les péripéties de Jane : infirmière de métier, cette inconditionnelle du rose vit de véritables montagnes russes sentimentales avec un certain chirurgien, et Phillis : collectionneuse d’histoires sans lendemain, le tout sans complexes et sans problèmes. Sans parler bien sûr de Jacinthe, narratrice principale, qui espère bien grimper en importance dans sa boite… et sur un certain 4B par la même occasion.

Entre mojito, fête, histoire d’amour et surtout d’amitié, ce livre est un concentré de délires qui met la pêche. Mieux qu’un antidépresseur, je vous le conseille fortement dans les bons comme dans les mauvais jours !

C’est une histoire fraîche et pleine d’humour. J’ai connu ici d’innombrables fous rire à en pleurer. C’est atrocement drôle, addictif, les dialogues sont percutants, crus et sans détours, un peu comme l’auteur en fait.

Je voulais me noter les phrases cultes du livre, mais il aurait fallu que je recopie le bouquin en entier. 

Ce moment de lecture fut un régal et il me tarde de me procurer le tome 2.

Alors oui, faut pas être chochotte niveau langage, y a plein de petites notes tout aussi rigolotes que le livre, mais ça ne gâche en rien le plaisir de la lecture.

 

10 mars 2016

065.ROHAN LOCKHART.LAST DELIVERY

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Auteur : Rohan Lockhart
Titre : Last Delivery
Edition : MxMBookmark
Année : 2014

 

 

 

 

 

 

 

Resumé

Alors que la nuit tombe sur les environs de New-York, une voiture pénètre dans un hangar pour prendre en charge sa cargaison. Son chauffeur s’est fait une promesse : ce sera sa dernière livraison. Finies les magouilles entre gangs, fini le banditisme. Ce soir, il raccroche.
Mais ce qui devait être une mission tranquille et sans soucis se révèle très vite bien plus complexe, lorsqu’il se trouve forcé de prendre une décision qui va changer sa vie, mais pas comme il l’entendait.

Mon Avis

New York est contrôlé par des gangs. Joaquim est livreur pour l’un d’eux. Il livre tout et n’importe quoi. De la drogue au cadavre, cela n’a aucune importance car le job paie bien. Mais cette soirée est un peu différente parce que le livreur exécute son dernier contrat. Il raccroche et taille la route vers la Californie où il espère enfin pouvoir construire une vie stable. Sauf que dès le moment où il arrive, il sent que quelque chose est différent. La tension règne entre les membres du groupe.

Il prend la route mais se rend vite compte que sa cargaison est encore… vivante. Les doutes l’assaillent mais après hésitation, il libère sa livraison et se rend compte que le type à livrer n’est d’autre que le Boss du gang pour lequel il travaillait. Isaac. Sans en comprendre la raison, il le prend sous son aile et décide de le sauver. Une traversée du pays s’engage avec comme destination La Californie.

Joaquim est un homme solitaire, de part sa nature et de part son travail qui ne lui permet pas de se faire des amis comme il le souhaiterait. Ni même d’entretenir une relation amoureuse. Il n’est pas du genre boute-en-train, ni grand dépensier.
Isaac, le Boss, est au contraire plus joueur. Il aime attiser son partenaire, lui lancer des œillades salaces et lui faire des sous-entendus gros comme le Canada.

Ils s’élancent alors sur les routes des Etats-Unis. Cette proximité et la longue route qui les attend leur permettent de se connaître et de s’apprivoiser. Une réelle complicité nait entre les deux hommes qui partagent plus que ce qu’ils le pensaient. Nous ne possédons que les pensées de Joaquim qui est le narrateur de l’histoire mais cela ne nuit aucunement à la qualité de la narration. Ce monologue est entrecoupé de scènes d’action qui donnent une vraie dynamique au texte.

Derrière cet apprentissage rôde l’ombre des gangs qui menacent de leur tomber dessus.

C’est un très beau texte que nous propose Rohan Lockhart. La lente éclosion d’une relation qui ne serait certainement jamais arrivé autrement, le développement de sentiments inattendus. Bref, alors que rien ne les prédestinait, ces deux hommes vont tomber amoureux. A tel point que Joaquim se fiche du danger qu’il encoure pour cet homme qu’il ne connait que de vu.

Le seul "regret" que je peux formuler est celui de ne pas avoir eu un petit épilogue resituant les personnages après cette fuite effrénée.

Last Delivery se lit d’une traite. On suit les pensées du narrateur avec cet empressement d’en connaître davantage, on tourne fébrilement les pages en se demandant ce qui attend les personnages. L’écriture est fluide et le mélange action, narration et amour opère à merveille.

Et évidemment, comme je suis une fille fleur bleue, je n’ai pas pu m’empêcher de verser ma petite larme d’émotion à la fin.

Ah c’est beau l’amour !

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04 mars 2016

064.ALEX NICOL. L'ETRANGE SECRET DE MARIE CLOAREC

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Auteur :    Alex Nicol
Titre :       L’étrange secret de Marie Cloarec
parution :  2015
Edition :    Edition du 38

 

 

 

 

 

 

 

Resumé

Lorsque Maître Lefort, notaire à Quimper, lui demande de rédiger son histoire, Gwenn Rosmadec n'imagine pas un seul instant qu'il va mettre le doigt sur un passé douloureux, au point que certaines personnes mal intentionnées n'hésiteront pas à le faire disparaître pour l'empêcher de découvrir le secret de Marie Cloarec.

Mais Gwenn n'est pas homme à se laisser faire. Déterminé à comprendre, de Bretagne jusqu'en Asie en passant par la Suisse, il ira chercher la vérité, aussi surprenante soit-elle, et saura, avec l’aide de sa charmante et téméraire épouse, Soazic, déterrer tous les secrets du passé.

Mon Avis

Une enquête dans ma patrie de cœur ? Comment pouvais-je y résister ?

Alex Nicol nous entraine dans ce roman dans une bien étrange histoire de famille où les apparences sont trompeuses. Maître Lefort, notaire à Quimper, s’interroge sur  l’existence de son père, qu’il n’a jamais connu. Ce dernier était dans la marine en Asie avant de se reconvertir dans une entreprise de caoutchouc près de la Birmanie. Le notaire fait donc appel à Gwenn Rosmadec dont le métier est de retracer le passé des personnes qui lui en font la commande.

Le couple Rosmadec se compose de Gwenn dont le caractère flegmatique lui permet une grande perspicacité et de toujours gérer chaque situation.
Soazic, son épouse, est son soutien quotidien, celle qui sait lui redonner l’impulsion nécessaire quand il flanche. Elle fait preuve d’un grand sens de la déduction et le seconde sur ses enquêtes en lui lançant de nouvelles pistes. C’est un couple fort, uni, qui s’aime et se complète.

Après une longue interview, notre journaliste-écrivain se met donc  en chasse pour tout découvrir de Fanch Lefort. Malheureusement, sous le verni d’une famille décomposée se cache en réalité de terribles secrets qui pourraient bien remuer le pauvre notaire.
Quel est le véritable lien qui unit tous les membres de cette famille ? Pourquoi Marie Cloarec, la mère de maître Lefort, n’a-t-elle jamais dit la vérité à son fils ?

Notre héros mène son enquête mais chaque réponse lui amène de nouvelles questions. Telle une fourmi, il va décortiquer les faits, les rassembler logiquement pour que la vérité sur cette étrange famille éclate.
Mais sur sa route, Mr Rosmadec va rencontrer des personnes mal attentionnés qui vont à plusieurs reprises mettre sa vie et celle de son épouse Soazic en danger.

Qui est cet homme étrange, directeur de la maison de retraite où est placée la mère de maître Lefort ?
Pourquoi est-il autant sur la défensive ?
Pourquoi est-ce que le compagnon d’arme de Fanch meurt-il juste avant que notre héros n’aille le voir ?
Et comment ce notaire qui a toujours vécu de manière très modeste a-t-il pu ouvrir cette étude ?

Autant de questions qui forceront notre breton a retourner des années auparavant, en Asie.
Car la clef de voute se trouve à cette époque précise.
Entre trafic et histoire de famille, Alex Nicol ne finit jamais de nous étonner et de nous surprendre.

C’est un polar comme on les aime, plein de secrets et de rebondissements. Du Agatha Christie à la mode bigouden. Il faut faire très attention car chaque personnage a son importance dans le récit.
Comme c’est un roman très visuel, on plonge facilement dans l’ambiance bretonne au travers des paysages que l’auteur nous décrit. Associé à sa plume, L’étrange secret de Marie Cloarec est un vrai plaisir à lire !

Kenavo !

18 février 2016

063.JULIA M TEAN.LUNE ROUGE

9782365381888

TITRE : LUNE ROUGE
AUTEUR : JULIA M TEAN
ANNEE DE PARUTION : 2015
EDITION : REBELLE

 

 

 

 

 

 

 

RESUME

Depuis trente ans, le même scénario morbide se répète. De 1963 à 1983, trois femmes ont froidement assassiné l’homme qu’elles aimaient. 1992. Lana Jiang souffre de troubles bipolaires et de cauchemars récurrents. Persuadée d’être condamnée à tuer l’homme dont elle tombera amoureuse, elle est internée en hôpital psychiatrique. Mais les murs de l’hôpital ne sont que de maigres protections face à la malédiction qui pèse sur elle. Et l’amour peut surgir là où l’on ne l’attend pas...

MON AVIS

Une malédiction, du meurtre, de l’amour, du suspens. Pour moi, tous les ingrédients étaient réunis pour que je passe un bon moment de lecture.

Lune Rouge raconte l’histoire de Lana Jiang, une jeune femme issue d’une famille sino-française qui depuis sa tendre enfance est en proie à de terribles cauchemars sanglants. Ceux-ci continuant à l’adolescence puis à l’âge adulte, elle décide, sous les conseils de son ami Maxime, d’exorciser ses cauchemars en écrivant une fiction dessus.
Trois femmes tuent les hommes qu’elles aiment sous le regard malveillant d’une lune rouge sang.
Malheureusement pour elle, au lieu de l’aider, la sortie de ce roman à succès va accentuer ses cauchemars jusqu’à ce qu’elle prenne la décision de se faire interner, pour le bien de ses proches. Là, en proie à de terribles crises, elle fait la rencontre de Keisuke Tanaka, infirmier, avec qui elle va se lier chair et sang, révélant au fil des pages, en réalité une terrible malédiction. C’est ensemble que les deux amoureux vont devoir combattre si Lana veut se libérer de ce terrible mal.

Lana Jiang, héroïne de ce roman, est une jeune femme pleine de volonté, doté d’un fort caractère. Sa famille, très cartésienne, ne comprend pas son mal. Sa terrible malédiction – de tuer l’homme dont elle tombera amoureuse – l’amène donc à vouloir s’exiler du monde pour ne pas que ce destin funeste s’accomplisse. Mais l’amour peut surgir de partout, même d’un hôpital psychiatrique. La présence de Keisuke l’apaise. A ses côtés, elle se sent forte et battante, prête à tout. Elle va subir des coups durs mais grâce à cet amour qu’elle a en elle, Lana se relèvera chaque fois un peu plus forte et un peu plus déterminée à s’opposer à ce destin.
Keisuke Tanaka, japonais, est infirmier. Passionné par sa profession, c’est un homme doux et consciencieux. Sa nature profonde est d’aider les gens à sa hauteur et à sa manière. Il possède un pouvoir bienfaiteur dont il se sert pour apporter un peu de bien-être à ses patients. Quand il rencontre Lana, un lien se crée entre eux tout de suite. Il est irrémédiable et puissant. Il ressent pour elle un vive intérêt qui l’oblige à s’investir, à connaître son passé, à comprendre comment une femme telle que elle a pu en arriver là. Leur passé étant plus lié que ce qu’ils le pensent, notre infirmier est amené à devoir découvrir le sien et y fait des découvertes auxquelles il ne s’attendait pas. D’un naturel optimiste, il est présent pour Lana jusqu’à la fin.
A eux deux, ils forment un tout, comme le Ying et le Yang. Le soleil et la lune, la froideur et la chaleur, des pouvoirs opposés (destruction, espoir). Ils forment un équilibre, précaire, une osmose fragile qu’il leur faut préserver.
April est la meilleure amie de Lana. C’est une fille très joviale, assez frontale, elle aime que les choses soient dites et n’hésite pas une seconde à secouer son amie quand elle se laisser aller. C’est elle qui effectue les premiers rapprochements entre les rêves de Lana et des faits divers à l’aide des notes prises par Maxime.
Les Jiang (parents) sont des gens très pris par leur travail, leur vie sociale au détriment parfois de leur fille. Son père est un être en apparence très froid cache en réalité un grand cœur, une grande tendresse pour sa fille. Et la mère, plus effacée, va devoir se dévoiler si elle veut aider sa fille à guérir. Dans le chaos le plus total, une famille va se rapprocher, se réunir, se souder pour s’en sortir.

L’histoire est très dense, complète. Le seul « reproche » que j’ai à formuler, c’est que j’ai trouvé que c’était un peu long. C’était peut-être une volonté de Julia M Tean de donner cette impression de ralentissement mais pour ma part, j’en ai été un peu gênée dans ma lecture. Je parle surtout dans l’histoire d’amour entre les deux héros. Parce qu’ils sont très rapidement amoureux l’un de l’autre et que l’évolution de leur relation va vite, on a l’impression que ça dure, que ça s’étire sur la longueur.
La malédiction concernant Lana n’est pas sans rapport avec la réincarnation d’une déesse vengeresse, Luna Jactata. LJ, comme toutes les prêtresses de la déesse. L’obsession de la lune rouge, les chapitres qui défilent sous le découlement lent d’un sablier, avec une date butoir, créé une vraie atmosphère oppressante sur le lecteur.
Le mal-être de l’héroïne se ressent sous la plume de l’auteur. On se demande quelle issue attend nos héros et comment Lana peut-elle se sortir de cette destinée dont elle ne veut pas. On avance et recule dans le temps pour comprendre tous les tenants et les aboutissements de cette longue histoire. Tout nous est révélé.
J’ai beaucoup aimé l’aspect « enquête » du roman où les personnages découvrent le lien entre des faits réels et les rêves de Lana et cherchent à savoir comment une fillette peut avoir connaissance de cela sans avoir eu affaire à la presse. J’aurais voulu que cette partie soit peut-être un peu plus longue.
C’est aussi une histoire d’amour. Une belle et intense histoire d’amour, entre deux personnes que rien ne prédestinait à réunir. Ou re-réunir. Un peu comme Roméo et Juliette, en somme. Comment l’amour peut surpasser la décision d’une déesse assoiffée de sang, de vengeance et d’asservissement masculine ? C’est une histoire de femmes (il y en a beaucoup dans ce roman) qui prouve que tous les hommes ne sont pas tels que Luna Jactata les imagine. Comment Lana et Keisuke vont s’unir pour lutter et prouver au monde entier que rien n’est impossible.
Quant à la fin, l’auteur a fini de m’achever avec. Ce n’était pas du tout à quoi je m’attendais. Assurément positive, elle comporte néanmoins toujours cette part d’ombre qui a plané sur le roman pendant 450 pages. Il y avait une part très logique dans sa décision mais j’avoue avoir été déstabilisée.

Reste que l’histoire est très bien, très complète, ficelée sans faute. Ce roman est agréable à lire. La plume de l’auteur nous entraine facilement dans son univers sombre et fantastique. A découvrir.

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02 février 2016

PARTENARIAT AVEC FOCUS LITTERAIRE

Focus Littérature

 

 

« Je valide l’inscription de ce blog au service Focus Littérature sous le pseudo magnoliavt ».

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